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26/04/2026

Tarzanides n° 881

Sois belle et tue toi

Refrain connu

 

Dans le journal quotidien « Centre Républicain » disparu depuis belle lurette, nos montluçonnais d’autrefois s’attardaient sur la page Avis de Décès.

 

  • Tu comprends, m’expliquait ma grand mère paternelle tout en décrochant de ses oreilles sa paire de lunettes, si je suis absente aux funérailles d’une personne que je connais, on racontera que je me suis disputée avec elle même si ce n’est pas vrai.

 

Tout autour de moi pendant ma petite enfance j’apprenais que les gens une fois morts n’étaient vraiment morts qu’après que leur cadavre ait passé par une cérémonie religieuse, preuve ultime que leur âme s’était envolée au ciel ou tombée aux enfers. C’était ainsi dans ma petite tête d’alors.

 

Je me souviens que dans le quartier de Beaulieu des voisins bavardaient fréquemment entre-eux. En particulier pendant la belle saison. On sortait les chaises dehors, devant les habitations et il n’était pas rare qu’une personne passant à bicyclette s’arrêtât pour se mêler aux conversations. Et ça pendant que la nuit tombait ... en silence contrairement à nos voix. Nous n’avions même pas besoin de nous inviter : c’était l’habitude, la familiarité, peut être la tradition paysanne jusqu’aux abords de la ville. D’autant que nos voisins les plus proches logeaient comme nous dans une ancienne ferme compartimentée en lots pour être vendue en 1900. Mes plus proches voisins venaient du village de Bacchus. Oui : c’était Domérat abreuvé de ses vignobles.

 

Mais tout changea à partir des années 60. L’arrivée de la TV dans chaque famille, vous savez bien ! Tout le monde pris l’habitude, en soirée, de se grouper en famille devant ce qu’un journal satirique surnommait : l’étrange lucarne. Cet engin électrique rendait les personnages visibles sans être présents. Leurs reflets en gris se faisaient finalement plus proches de la famille que ne l’avait été un dernier cousin oublié et dont seul le croque -mort rappelait qu’il avait vécu. Les amuseurs publics de la Télé devenaient finalement plus présents que le voisin dont le mur nous était mitoyen.

 

  • Plutôt long comme préambule, Bar Zing ! Comment tu vas attacher ça avec la bande dessinée que tu dois évoquer ici ?
  •  

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Loana Petrucciani

 

Facile ! Et la preuve : récemment tout un chacun a appris la mort de LOANA. Cette jolie jeune femme connue un succès énorme grâce à la télévision. C’était en 2001, le premier LOFT STORY. Enrichie soudainement mais pas préparée a bien gérer un avoir bancaire énorme, tout en se laissant grignoter par de faux amis vrais profiteurs, les difficultés s’accumulèrent contre elle. Et d’autant qu’en pire Les Paradis Artificiels l’imprégnèrent jusqu’à lui dévorer la vie en feux d’artifices hallucinatoires. Loana, en résultat, trépassa solitaire dans un modeste logement niçois.

 

Et voici où je voulais en venir : A 7 ou 8 ans je connus bien Loana ...

 

  • Déconne pas ! T’es né en 1942 !

 

N’empêche que je connus bien Loana. C’était bien une jolie fille blonde mais ... Mais sa peau n’était faite que de papier journal. Un personnage de BD même si à cette époque passée on appelait cette forme d’Art « Histoire en images » en non pas bandes dessinées.

 

loana

Modestement sur une demi-page intérieure Loana fait son appartition

 

 

Cette série BD débuta dans l’hebdomadaire AVENTURES DE PARIS-JEUNES en 1948 à son n° 126 du 8 novembre. Le scénario est censé se dérouler dans l’île de Bornéo. Île  immense, continentale pourrait-on dire. Forêts géantes, jungles impénétrables mais pénétrées : Notre Loana, fille superbe et orpheline y passe des vacances sans congés payés. Jusqu’au jour fatale où débarque inattendu et rapace l’Officier HAYAKAWA. Banzaï !  Banzaï !! C’est un japonais guerrier (pléonasme ?) . Le Japon alors belliqueux en Extrême Orient est à la recherche de minerais nécessaires à son expansion coloniale. Cette série BD est dessinée par Marc Carlo (1929-2017) ; lequel va donner à sa championne une silhouette de pin-up.  Pas du tout le genre à paraître dans une des aventures de Tintin.

 

Résultat ? Les écoliers applaudissent pendant la récréation autour du bac à sable de l’École Voltaire. Et j’espère que vous avez appris qu’existe une école dans l’école. C’est l’école de la cour où l’on joue à ne plus être à l’école. Donc à bavarder de sujets interdits pendant les heures d’études officielles.

 

Après le n° 126, de notre hebdo parurent le 127, le 128 ... Jusqu’au 133. Mais ensuite pas de n° 134. Aucun. Pourtant la suite des aventurlures de LOANA se prolongent la semaine suivante, celles du mois de janvier nouveau année 1949. Surprise : l’éditeur vient de décider de renouveler la numérologie ... Pardon : la numérotation. Et c’est le n° 1 daté du 3 janvier 1949. LOANA s’affiche alors en toute première page, toutencouleur, et quelques gamins imaginèrent que son prénom allait devenir le nouveau titre de leur journal illustré. D’autant que sur le n° 4 le visage de la souriante LOANA occupe sous le bandeau le milieu horizontal de la page affichée.

 

loana

En toute première page, Loana triomphante.

 

Un de mes copains s’exclama : j’vous parie que Loana va devenir le titre du journal.

 

Il n’en fut rien jusqu’au dernier numéro du 30-10-1950 de cet hebdomadaire illustré. Dommage vraiment. Car si LOANA était devenue le titre du journal, ç'aurait été la première fois en France que le prénom d'une fille aurait personnalisé un hebdomadaire destiné aux garçons.

N'empêche que AVENTURES de PARIS devenu simplement AVENTURES jusqu'à son final en 1950 restait totalement inconnue par tous les grands garçons fanas de BD dans mes ateliers du 14e arrondissement parisien.

Un temps disparu lorsque Paris n’était pas encore pourri.  

 

Bar Zing

19/04/2026

Tarzanides n° 880

 

UBU ? IBIS ROI !

 

BD Mon Journal 2-10-1947 Prince Ibis et Princesse Taïa.jpg

 

IBIS par çi, Ibis par là. Tout partout, omniprésent, cet IBIS, alors ? Et vous pensez à l’oiseau cet échassier emmanché d’un long cou allongé d’un bec courbe. L’ibis dont les égyptiens antiques firent un messager religieux capable d’établir une connexion entre eux et le dieu Thot. Mais ce n’est pas de cette volaille dont je vais vous parler. Mon ibis à moi en provenance de mon enfance est un personnage de BD. Donc c’est un homme. Mieux encore un Prince. Et c’est aussi un magicien ... Pas vraiment pourtant. C’est l’instrument qu’il utilise pour accomplir des tours de passe-passe, voire pour se promener dans l’espace-temps. Par exemple pour voyager à longues enjambées dans le Passé (n° 80 du 11 mars 1948. Illustré : MON JOURNAL). En fait une telle performance lui est possible lorsqu’il en fait la demande à son IBISBTRICK, l’outil faramineux que j’ai évoqué.

 

BD Mon Journal 23-10-1947 instrument.jpg

 

Les aventurlures de ce Prince IBIS commencent toutencouleur sur la page 4 des 8 pages formant l’hebdomadaire MON JOURNAL ; n° 56 d’octobre 1947. Un illustré qui cessera de paraître à son numéro 86 du 22 août 1948. Et si vous êtes un collectionneur débutant faites bien attention : ce numéro 86 final doit être marchandé pour être complet avec la présence de l’hebdo Zorro n° 99. Encarté.

 

BD Mon Journal 11-03-1948 espace temps.jpg

 

Signalons que le jeune Prince Ibis est accompagné d’une jolie jeune femme comme le furent la plupart des héros de mon enfance d’avant la sinistre Loi de Juillet 1949. Cette pulpeuse beauté expose une poitrine soulignée par deux traits courbes épais. Son prénom ? TAIA. Mes petits copains et moi pour la prononciation mettions un tréma sur le ï mais allez vous me croire sur la suite ? Il y a longtemps que j’ai mentionné la présence réelle mais courte d’un nommé Oudina dans la classe de CEP de l’École Voltaire. Et pendant une récréation où il nous entendit prononcé Taïa ou quelque chose d’approchant. « On ne doit pas parler de ça ! » s’exclama t’il. Devinez pourquoi ?

 

BD Mon Journal 9-10-1947 S.jpg

 

Forcément le Prince IBIS et sa magie vous donne à penser à un autre personnage magicien infiniment plus connu : MANDRAKE. Mandrake de la phallique mandragore.

 

Les images successives de Ibis, ma scolarité en ignora l’identité du dessinateur. Aujourd’hui je peux sans avoir à le mentionner, vous aider à savoir de qui il s’agit. Cet auteur que fréquenta le cinéaste FELLINI, est surtout connu pour avoir tracé SHAZAM.

 

Alors, ça vient, ce nom ?

 

Bar Zing

 

08/03/2026

Tarzanides n° 877

 EVA HITLER

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Eva ... Eva quoi ? Eva Braun, voyons !

 

Ah ! La P ... D’Hitler ? Celle qui chaque soir et en cachette se mettait à cheval sur le dos d’Adolf tout nu sur ses quatre pattes ?  Dommage que nous n’ayons pas des photos. Dommage, oui ; et d’autant que Mademoiselle Eva s’était spécialisée à longueur de pellicules dans le domaine des films ; son amant du troisième Reich ne lui refusant aucun cadeau à ce qu’on nous raconte. Bref ! Les capacités sexuelles d’Adolph étant loin d’égaler celles de Mussolini, le recours à la comédie du sado-masochisme pouvait compenser bien des fiascos (dixit Stendhal) du moustachu pas chaplinesque.

 

  • Mais je croyais que vos Tarzanides traitaient ou maltraitaient de la Bande Dessinée. Pas de la sexualité humaine.

 

Livre Eva Braun D.Costelle.jpg

 

 

J’y viens, j’y viens. Né en 1942 que je suis, mon enfance ignora totalement la physionomie réelle de cette Eva Braun. Les reportages étaient loin d’être aussi nombreux qu’à présent, et les bibliothèques régionales pas toujours achalandées. Quant à la TV …. familiale donc censurée. Mais heureusement, ouf ! Nous connaissions, souvent malgré nos instituteurs et nos curés, beaucoup de journaux de bandes dessinées. En tous les cas, chez moi, je n’en manquais jamais. Aucune personne de ma famille s’y opposait. C’est ainsi que parmi les séries BD des années 1947-48 et 49, un scénario de provenance italienne imprimé dans l’hebdo TARZAN m’impressionna vivement. Son titre : Sacrifices Inconnus. Il résultait d’une réalité historique : L’armée Nazie exploitant ses conquêtes en Europe de l’Ouest. Tout y apparaît : les déportations, les mitraillages et les assassinats, les fosses communes toutes gonflées de cadavres en décomposition. Tout je vous dis. Comme s'il s'agissait d'une BD destinée aux adultes mais qu'un enfant entrevoit par dessus l'épaule de ses parents.

 

 

BD  Tarzan, n° 105, 3e année Bis.jpg

Année 1948, TARZAN n° 105

 

Et parmi tous les personnages dont beaucoup ne vivaient que pour périr de façon brutale, s’il existe bien un héros prénommé Michel, il existe surtout des victimes et des brutes, des séries de tortionnaires au nombre desquels une jolie jeune femme dont le nez porte une paire de lunettes : C’est Gerda. Une hitlérienne cruelle par fanatisme, n’hésitant jamais à assassiner non seulement des familles ennemies mais aussi tel ou tel officier allemand quand celui ci met en doute le génie d’Adolf H.

 

C’est cette Gerda qui dans mon imagination d’enfant me servit à attribuer un visage ainsi qu’un corps féminin à la maîtresse du Führer.

 

 

BD Sacrifices inconnus, Tarzan 1949.jpg

Année 1949, TARZAN n° 125 du 13 février 1949

 

Lorsque beaucoup plus tard j’eus accès facilement à toutes informations et photographies relatives à Eva Braun, évidemment que je me corrigeais de mon premier fantasme ... érotique. Les petits enfants ne sont pas des naïfs, d'autant qu’ils se mouchent bien leurs narines pour cacher des ... rêvasseries absolument condamnées par la décence publique.

 

Enfin, reste un point qui me déplaît :  Comment expliquer que les historiens et leur littérature documentée, continue d’appeler Eva Braun : Eva Braun ? Dans Berlin détruite par les bombardiers alliés et par les canons soviétiques, Adolf Hitler épousa Eva Braun dans un bunker et le mariage fut parfaitement légal. Même si Eva habituée à signer Braun esquissa la lettre B qu’elle rectifia aussitôt par le H de ses amours. J’espère donc que dans l’avenir on imprimera Eva Hitler et non pas Eva Braun.

 

Bar Zing arrête ici tout en avouant avoir rédigé ce petit texte pendant que dans ses oreilles jumelles la voix encolérée de Dominique de Villepin pestait contre les décisions guerrières de Trump et d’Israël affrontant les Gardiens de la Révolution en Iran.

 

Souhaitons que nous n’assistions pas en ce moment au début d’une Troisième ...

 

Bar Zing

22/02/2026

Tarzanides n° 675

 

UBERMENSCH

 

En ce jour dominical, Onfray et son Michel de prénom n’étaient pas venus seuls tous les deux mais accompagnés de la rediffusion de leur émission du samedi.

 

Michel Onfray évoqua l’existence du philosophe allemand le plus controversé de la seconde moitié du XIXe siècle : Nietzsche. En réalité un fou syphilitique qui formula la création d’une sorte de surhomme ... De quoi s’attirer la colère de nos amies les femmes libérées présentement. Mais pire encore peut-être : ce même philosophe (?)  fantasma jusqu’à une mort prochaine inévitable de Dieu. Comprenez bien : le Dieu des judéo-chrétiens, non pas le Dieu des arabes. Car vous n’ignorez pas j’espère que ce même Nietzsche appréciait beaucoup les conquêtes guerrières accomplies par l’Islam. 

 

 

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Dans une des bandes dessinées éditées pendant ma scolarité mais que je ne lus que plus tard, il fut question d’un surhomme inventé par des ingénieurs allemands. Ce récit se trouve encore dans les numéros mensuels 23 et 24 des Éditions Mondiales sises 2 rue des Italiens dans Paris. Leur titre ? TARZAN, chacune distinguée par un sous-titre : « Chasseurs d’esclaves » pour l’une « Tarzan vainqueur » pour l’autre.

 

Dès le début nous assistons à une réunion secrète groupant Goering, et Goebbels et un troisième, ancien clochard SDF, artiste raté et pétomane notoire : Hitler.

 

- Manque personne ?

 

Ni Speer, ni Himmler, ni Hess n’y sont présents. Le moment arrive où l’on annonce à Hitler que les savants qu’il a recrutés ont réussi l’exploit ambitionné par des multitudes de scientifiques avant eux : fabriquer un surhomme. Va t’on le baptiser Ubermensch ? Nein ! ! Il s’appellera Thorwald. Hitler, à ces mots ne se tient plus de joie et pour montrer sa belle voix jette un ordre : « Tuez les tous ! ». Aussitôt des S.S. Mitraillent sur place tous les savants : Il faut bien se garantir absolument contre une trahison éventuelle.

 

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Dessiné par Rex Maxon habile à donner une allure simiesque à l'homme

 

Et c’est en employant ce surhomme allemand, donc boche, que le caporal décoré de la croix germanique du mérite, ambitionne de conquérir toute l’Afrique subsaharienne.

 

Ouais ! D’autant que le Hubermensch a été usiné pour être capable de vaincre TARZAN, le roi des jungles.

 

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Lorsque Bar Zing acheta ces deux numéros (1984), autant vous dire que le libraire peu éloigné de l’Université Jussieu ne manquait pas d’augmenter quelque peu le prix de vente après avoir mentionné au crayon « Hitler » sur chacune des couvertures.

 

Les rééditions publiées en France depuis des originaux américains, étaient quasiment toujours victimes de suppressions d’images, voire de partie d’image que la censure  française ne permettait pas de présenter aux enfants. Bar Zing avoue, ici, ne pas connaître les originaux made in USA concernant Hitler contre Tarzan. C’est pourquoi nous ignorons si dans les créations BD d’Outre Atlantique, la Croix Gammée est présente dans quelques unes des images. Puisque nous ne devons savoir qu’en France, dans les années qui suivirent la guerre, il était fortement déconseillé d’utiliser l’ancien symbole sol-air accaparé par les Nazis. (En particulier dans les éditions destinées à la jeunesse).

 

Ah ! Que je n’oublie pas : ce fut Rex Maxon qui dessina cet épisode des aventurlures réussies par Lord John Kres... Mais il se trouve que ce Maxon Rex fut longtemps boudé par les spécialistes français de la bande dessinée. Boudée et peut dire : quelques-uns le méprisaient, ainsi Lacassin écrivant « traits inachevés, décor demi esquissé, insipides gambades ». Dans le n° 29-30, n° spécial année 1963. J’ai opté depuis longtemps pour un avis opposé. Rex Maxon a tant et tant de fois dessiné Tarzan qu’il fut pendant de longues années le seul rival de Burnes Hogarth ... Dans un style fort différend j’en suis d’accord.

 

Finissons momentanément en séparant les deux syllabes THOR-WLAD pour leurs rendre leurs approximations « à la française ». Thor est le dieu du Tonnerre chez les anciens peuples nordiques. Quant à (Bertrand ?) quant à Wlad, parfois Vlad c’est un nom d’origine roumaine (de roumain) inséparable du supplice d’empalement.

 

L’empalement étant, à ce qu’affirment certains humoristes, un supplice qui commence bien mais finit très mal.

 

Bar Zing

21/12/2025

Tarzanides n° 670

 

ORGIE, BAMBOULA, PARTOUZE

 

 

- C’t’année pour les fêtes du 25 décembre puis du 1er janvier, ça ne va pas être vraiment la joie. Y a des coups de couteaux partout, l’Etat va nous pomper nos économies etc., etc.

 

Entre voisins « visages pâles » ça ne sera donc pas la Bamboula. Ce mot utilisé depuis, nos anciennes conquêtes coloniales, ne sert plus simplement à désigner une sorte de tambour africain mais une danse bruyante alimentée d’alcool raconte t'on. Cependant ce même terme fut aussi employé comme titre d’une bande dessinée qui n’a pas laissé beaucoup de présence dans les mémoires de ma génération française née en 42.

 

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L’illustré ci-dessus venu de l’Editeur ROUFF et daté de juin 1953, doit toutes ses images à un artiste né en 1895, connu sous le pseudonyme : MAT. Le style de Mat ne m’était pas inconnu pendant ma scolarité : il dessinait un Baby Balluchon dans l’hebdo COQ HARDI. Quant à la série BAMBOULA je n’en achetai pas un. Il se peut donc que les rares numéros que je détiens viennent d’un lot de vieux journaux en vrac et acheté sans tri dans telle ou telle brocante du triangle Paris-Lyon-Montluçon. La collection BAMBOULA compte 11 ou 12 numéros ... Pourquoi pas 9 ou 14 ? Je m’en fiche. Reste que chaque numéro agrafé deux fois en sa double page centrale est peut-être une ruse d’éditeur : le grammage du papier étant assez fort, l’enfant-client avec l’argent de Papa et Maman, avait sans doute l’impression d’acheter un journal contenant bien plus de 16 pages.

 

 

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En même temps que ce BAMBOULA, l’éditeur ROUFF produisait la famille Bigorno de même format mais illustrée par A. Perré. Un vieux de la vieille.

 

Signalons qu’un éditeur nommé de Varly, pendant le début des années 80 de 1900 crut pouvoir rééditer le sympathique BAMBOULA sans en avoir au moins l’autorisation tacite de tous ceux qui, à ce moment là, dénonçaient du racisme dans toute BD européenne utilisant des personnages de physionomie noire. Le belge Hergé ayant été la première victime de l’accusation, il fallut bientôt que Mandrake de la Mandragore se sépare de son fameux serviteur devenu son ami : Lothar (puisque noir).

 

Quant à l’éditeur Rouff du Boulevard parisien Vaugirard pendant les années 30 il était déjà connu pour imprimer les romans destinés à la jeunesse. Je pourrais vous en lancer à la volée des poignées après n’en avoir lu que quelques uns. En voici déjà un éventail.

 

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- Dis donc, Bar Zing : tu fais court aujourd'hui. T'as l'air lassé. 

- Lassé ? C'est vrai. Je fatigue de serrer mes souliers.

 

 Bar Zing

 

12/10/2025

Tarzanides n° 662

Je t’y surprends petit polisson !

 

Oui ! Les journaux imprimés pour vos enfants, tous les z’illustrés et autres paperasseries bourrées de guignols mal dessinés, je jetterais tout ça au feu. Ce ne sont que des, excusez moi, des torche-c...s ! Il faut censurer. Censurer sauf COEURS VAILLANTS des catholiques, et VAILLANT des communistes. 

 

C’était dit, ce fut fait : LOA année 1949 en France.

 

A supposer que les dessins aient tous été médiocres, les scénarios pouvaient être pires encore suggérant des mœurs pas recommandés ni par l’église, ni par la maison socialo-communiste de la place actuelle montluçonnaise Jean Dormoy.

 

BD L'Intrépide, Capitaine Eric.jpg

 

 

Rien qu’au dessus, visez un peu cette suite en "figuration narrative". Une jolie jeune femme en tenue déshabillée malmène un adolescent, lui tire l’oreille, le pousse violemment dans un cagibi sombre dont elle ferme la serrure à double tour. L’enfant regardant cette scène à une époque où la télévision n’existait pas dans les familles comme concurrente de la BD, le gamin pouvait en utiliser la trame pour se raconter toutes sortes de variations plus ou moins vicieuses et retardant l'instant de s'endormir. 

 

- Ne m’en parlez pas ! L’enfant peut en être traumatisé jusqu’à inventer certaines manipulations intimes lui apportant un faux bien être le distrayant momentanément de ses premières angoisses nocturnes.

- Tu n'as pas à avoir peur la nuit, un ange invisible te protège.

- Où ça ?

- Couvre toi on va avoir du froid cette nuit.

- Et alors ? l'ange ne va pas venir me réchauffer avec ses plumes ?

 

Le fragment de BD dont nous venons de parler est tiré de l’Intrépide, c'est Capitaine Eric (En réalité une version française de la série Don Winslow). Un héros fictif dont l'extrait cité fut publié dans le n° 29 de l’hebdo l’ASTUCIEUX année 1947. Mais le affreux n’était pas atteint.

 

Ainsi, toujours dans les Éditions Mondiales mais  dans un un autre magazine archi connu dont le titre débute par la lettre T, voici un second exemple néfaste à l’éducation de notre fragile progéniture. Un adolescent – encore ! -  doit obéir à une demande pour le moins saugrenue : se travestir en demoiselle ! sous le prétexte de piéger un adulte gangster. Rien que ça ! Egalement publié en 1947 cet épisode troublant s'imprimait dans les aventurlures d’un super héros r’américain toujours connu aujourd’hui. Ce personnage invincible et masqué pouvait d'ailleurs paraître en 1947 sous des appellations diversifiées francisées : "La Chauve Souris", voire en plus surprenant : "Les Ailes Rouges". Il s’agit d'un milliardaire indestructible : BATMAN. Et le jeune garçon travesti arrondi de jupons et jupes pour un bal luxueux, s'y prénomme Robin. Ce jeune garçon ne fut d’ailleurs pas le seul de son âge à devoir se revêtir d’habits féminins au cours d' aventures risquées. Un "Nat le mousse" ainsi qu’un "Kit le Petit Sheriff" ne purent, eux mêmes éviter de se promener féminisés dans de sombres quartiers borgnes, etc., etc. On constate que les BD d’avant la LOA de 1949 entretenait des influences douteuses pour ne pas dire répugnantes sur le comportement publique de nos adolescents.

 

BD Batman, 1947.jpg

 

 

Vous allez me dire que cette Loi 1949 sans être abolie n’est pour ainsi dire plus appliquée depuis le milieu des années 60 et que, principalement, Mai 68 l’a rendue autant surannée que finalement impossible à appliquer (sauf à interdire quasiment toutes les productions BD populaires).

 

Notre petit article va vous récompenser de l’avoir parcouru : voyez un exemple du tampon de la Loi 1949 appliqué en haut de la première page d’un célèbre titre "hebdromadaires" comme le pratiqua Vert Pré.

 

BD Tampon Secrétariat Comission Surveillance.jpg

 

 

Quant à l’année 1947 en France elle reçut le surnom "Année terrible". Les grèves socialo-communistes prétextant "le coût de la vie" (alors qu’il s’agissait de contester la présence de l’armée américaine et du Plan Marshall dans notre pays, présence sans laquelle nous et les autres peuples de l’Ouest Européen risquions d’être enterrés dans une URSS expansive. Cette année 47 de 1940 causa des handicapes dans toute la presse française, notamment en ce qui concernait la pagination des illustrés BD. Nous en reparlerons un de ces jours prochains.

 

Doc Jivaro